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Retour à Kiruna

9782226256096Presque deux ans se sont passés depuis Horreur boréale. Et il ne fait toujours pas bon être pasteur dans la région de Kiruna. Cette fois, dans un village du coin, c’est la pasteure Mildred Nilsson qui a été tuée. Son corps meurtri a ensuite été enchaîné à l’orgue de l’église. Les enquêteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stålnacke sont sur le coup, mais l’enquête piétine. La pasteure s’était attirée les foudres de la population locale, notamment masculine, pour ses positions féministes assumées. Son association venait en aide aux femmes battues ou à celles qui venaient de quitter leur maris, organisait des séances de lectures ou des soirées réservées aux femmes, pour les sortir de leur solitude pesante. Elle assurait même la protection de la belle louve solitaire qui rôdait dans les parages, et dont les chasseurs et les éleveurs de rennes n’auraient bien fait qu’une bouchée. Autant de suspects potentiels, et aucune piste.

C’est sans compter le retour de Rebecka Martinsson, l’héroïne du précédent opus, qui revient à contrecœur pour des raisons professionnelles. Elle loue un bungalow dans une petite auberge accueillante croisée au détour d’un chemin. Elle n’ose pas (encore?) rentrer à Kuravaara, dans la maison de sa grand-mère. Elle s’est mal remise de l’affaire Strangård, et n’est pas totalement convaincue que son retour dans la région va l’aider. Elle croise malgré tout Nalle, un jeune garçon autiste, qui lui remonte le moral avec sa franchise et sa naïveté. Lorsqu’elle apprend ce qui est arrivé à Mildred Nilsson, elle s’interroge, se demande si cela a un lien avec ce qu’il s’est passé il y a deux ans. Et bien sûr, elle va se mêler de ce qui ne la regarde pas…

On retrouve tous les ingrédients qui avaient contribué à la réussite du premier roman. Crime et religions, magouilles, rivalités cachées ou assumées, position des femmes dans un monde d’hommes, et pourtant, il y a encore plus. Une petite touche de féminisme, bien dosé, l’engagement d’une femme pour sa paroisse, pas tant pour l’aspect religieux que pour recréer une véritable communauté, et une vision de l’autisme loin, très loin de tout cliché qui fait chaud au cœur. J’ai préféré ce roman au premier, et je prends le pari qu’on ne tardera pas à retrouver Rebecka Martinsson, Anna-Maria et Sven-Erik.

Elle laisse sa pensée flotter au milieu des flammes. Une distraction aussi vieille que l’humanité.

Åsa Larsson, Le sang versé, Ed. Albin Michel, avril 2014, traduit du suédois par Caroline Berg.

Une réaction au sujet de « Retour à Kiruna »

  1. J’avais cru comprendre que ce deuxième roman était meilleur que le premier. Autre traducteur, aussi. Comme d’habitude, tu donnes envie ! Et ma pile qui ne baisse pas ! Trop de choses à faire à côté et pas assez de concentration pour la lecture…

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