Zéro déchet, 8 mois plus tard #2 ?>

Zéro déchet, 8 mois plus tard #2

Voilà donc la suite de mon précédent billet, où je vous racontais ce qui avait changé chez nous depuis qu’on s’était mis au zéro déchet. Si je m’étais concentrée sur l’alimentation, où il y avait quand même pas mal de choses à dire, voilà donc maintenant les autres habitudes que nous avons prises, à commencer par les produits d’entretien.

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Là aussi, gros changements ! On en revient aux basiques : vinaigre, bicarbonate et huiles essentielles, plus acide citrique ou percabonate quand on en a besoin – une pensée émue pour ma salle de bains, merci. La recette de lessive a fait le tour de la famille, on s’est même amusé à calculer ; sans mettre d’huile essentielle, on est à à peine plus 1 € le litre. Je vous mets au défi de trouver mieux et de meilleure qualité. Un échec cuisant, toutefois : malgré deux ou trois tentatives désastreuses, pas moyen d’obtenir un liquide vaisselle convenable. Si quelqu’un a une recette, je prends ! En parlant de recettes, je vous conseille vivement le livre Green Washing aux éditions La Plage, encore eux, c’est une mine d’or pour l’entretien zéro déchet !

Nous n’achetons plus que trois types de produits pour le moment : liquide vaisselle, donc, pastilles lave-vaisselle, et gel WC si besoin- ceci étant amené à évoluer bien sûr.

  • Les cosmétiques

Pas d’énormes changements de ce point de vue-là, j’en faisais déjà une grande partie moi-même depuis quelques temps. Ce qui a changé, c’est le déodorant, principalement. Monsieur n’étant pas encore prêt psychologiquement à passer au savon solide, on fait dans le fait-maison avec une base neutre pour le gel douche et en grosses bouteilles d’un litre recyclables pour le shampooing, achetées au bio.

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  • Le vélo

Eh oui, cet été, je me suis mise à pédaler pour aller au travail ! 16 kilomètres aller-retour, ça met une pêche d’enfer et c’est nettement plus agréable que de rester coincée dans ma voiture, d’autant que la quasi-totalité du chemin se fait sur piste cyclable, qui passe par le parc du campus de surcroît. Un vrai bonheur, qui fait du bien à tous points de vue, même si je ne vous cache pas que quand je commence à 7 heures du matin et qu’il fait 4 degrés dehors, je n’ai pas encore sauté le pas. Sur cinq jours de travail, j’essaie d’en faire trois à vélo, parfois plus quand je peux. Je prends encore la voiture pour mon jour de courses, quand je commence très tôt ou que je vais voir la famille au fin fond du Périgord. Je dois cependant reconnaître que cette fréquence risque de ne pas s’appliquer au mois de décembre, compte tenu de l’activité débordante de la librairie pour Noël et de mon état de fatigue. Mais une fois reposée, ça roulera pour moi !

  • Les sacs

Adieu, sac plastique ! Bonjour, sac en tissu, tellement froissé qu’on devine à peine ta grandeur de corps et d’âme, tellement lavé que les illustrations de l’éditeur sont parties…mais tant pis ! On a pris le réflexe de toujours emporter un ou plusieurs sacs en tissu pour les courses (on a un grand panier pour les fruits et légumes). Oh, et on n’accepte plus le ticket de caisse, sauf quand c’est absolument nécessaire.

Et mes sacs à vrac ! Figurez-vous que j’ai commencé à en coudre pour moi au début, avec de vieilles chutes de tissus que j’avais dans les placards, et ils ont tellement plu qu’au magasin bio, on m’a dit que je devrais en faire d’autre pour les vendre à ceux qui ne pourraient/sauraient pas en faire pour des courses 100% zéro déchet. C’est chose faite depuis quelque temps, sur la boutique Courses En Vrac, et je trouve souvent de nouveaux coupons pour coudre de plus belle. Les sacs plastiques, ici, c’est has been !

Ce n’est évidemment qu’une liste de nos plus grands changements. Il y a aussi une myriade de petits gestes qui sont devenus des automatismes, on trie et on recycle beaucoup plus, on éteint les lampes inutiles, on couvre l’eau quand on la met à chauffer, et plein d’autres encore. On partage aussi beaucoup plus. On parle de ce qu’on fait, de comment on le fait, avec des copains ou des inconnus, plus ou moins convaincus mais toujours respectueux. Tiens, d’ailleurs, parlons-en, du jugement.

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Je discutais avec ma mère l’autre jour, ainsi qu’avec ma belle-soeur, qui habitent dans la campagne profonde, et ont une proximité avec les maraîchers bien plus aboutie que je ne pourrais jamais l’avoir en pleine ville. Je leur parlais de comment je faisais mes courses, pour les légumes, la viande, le côté bio ou raisonné, enfin tout ça, quoi. Je disais aussi que je voulais faire attention à ce que je mangeais pour moi, pour ma santé, pour l’environnement, bref, on parlait de choix et d’engagement. Et toutes les deux ont fini par me dire, sans se concerter: “Oui, normal quoi”.

Vous n’avez pas idée du décalage que j’ai ressenti à ce moment-là. En ville, du moins là où je vis, quand je parle de pourquoi je le fais, la planète, la santé, et tout, même si c’est gentil, je suis quand même rangée assez souvent dans la catégorie “écolo plus ou moins intégriste”. Ce n’est jamais vraiment méchant, on ne s’est jamais moqué, ou quoi que ce soit, mais quand même. Ca n’avait jamais été considéré comme normal par des gens qui ont toujours vécu en ville ou qui ne ne sont jamais remis en question sur leur mode de vie. Ca fait un peu prosélytisme dit comme ça, mais plus j’avance dans le processus, plus je me rend compte de l’absurdité de certaines choses. Et je crois, non, je sais que je ne suis pas la seule.

Parce que vient le moment où je vous reparle encore de la librairie et de mes lecteurs chéris. Le guide de la Famille (presque) Zéro déchet a très bien marché en France, et ç’a ouvert de sacrées discussions ! Nombre de gens sont revenus vers moi, chercher d’autres livres sur le sujet, ou sur comment changer d’alimentation. Nous avons beaucoup discuté, et à chaque fois, c’était non seulement agréable mais enrichissant. Ce sont de vrais moments de partage, d’échange. On s’échange des recettes, des astuces, des bons plans, des adresses, on se questionne les uns les autres, comment faire ci, ou ça, et dans ces moments-là, on est plus du tout dans une relation vendeur-client. On en revient à l’humain, et quand ça arrive, oui, j’ai un peu l’impression d’aider à changer le monde.

C’est beau, hein ? Des fois, j’ai des envolées poétiques 😀

Plus sérieusement, le changement qui a commencé est loin d’être fini. Même si j’avais envie de faire quelque chose d’un point de vue environnemental, je n’avais aucune idée de comment le faire, et ce guide m’a ouvert une porte. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais en changeant doucement, habitude après habitude, on devrait y arriver. Dès qu’on peut, on composte, on passe à l’énergie 100% renouvelable, et on continue ! Le tout, c’est de faire quelque chose. Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire qu’il ne faut rien faire.

Ah oui, et une dernière chose.

Je vous aime et on est le 1er décembre, voilà deux bonnes raisons de passer une bonne journée !

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Mary

4 réactions au sujet de « Zéro déchet, 8 mois plus tard #2 »

  1. Hello Mary, merci de partager ton expérience écolo. Elle vient directement s’ajouter comme une goutte d’eau au récipient – déjà bien plein – contenant toutes les infos que je lis par-ci par-là sur le sujet. Ma sensibilisation à commencer il y a quelques années et se transforme petite à petit en réflexion jusqu’au déclic ! Et petit à petit l’oiseau fait son nid ! (non ? rien à voir ? un peu quand même …)
    En tout cas, c’est très motivant de lire ton témoignage et les agréables effets secondaires sur l’être humain poussé à partager ses découvertes, échanger avec ses voisins … Le retour aux sources quoi 🙂

  2. Merci Mary !! Je viens de tomber sur ton article (qui m’avait échappé ? >.<) et je pourrais dire la même chose que Léa ci-dessus : ton témoignage est hyper encourageant parce que, brusquement, le "zéro déchet" semble plus… faisable. (Quand je lis l'histoire de la famille Zéro Déchet, je suis fascinée mais c'est "trop" pour moi, tellement loin de mes habitudes que ça me semble irréalisable. Avec ton témoignage, je vois l'évolution et ça me redonne l'envie… J'en suis aux premiers pas de ce chemin, à réfléchir à comment remplacer les produits de salle de bain notamment, que j'ai toujours achetés tout faits. Et emballés.)
    Question : qu'est-ce que tu fais des épluchures et assimilés ? (tout ce qui irait dans un "compost" si on était à la campagne HAHA (je vis en plein Paris))
    Biz en passant <3

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